Tous les spécialistes qui ont étudié l'origine des noms patronymiques admettent que lorsqu'une famille porte comme nom patronymique celui d'une terre, d'une seigneurie ou d'un village, il y a trois explications possibles.

a) Les premiers du nom ont été désignés par leur lieu d'origine, par exemple Jakob van PARIJS, parce qu'il venait de Paris.

b) Au moment où les noms de famille prirent naissance, les porteurs du nom exerçaient à l'endroit dont ils portent le nom, une fonction importante et souvent héréditaire, par exemple Siger de COURTRAI, famille des châtelains de COURTRAI.

c) Les porteurs du nom étaient propriétaires, seigneurs du lieu ou d'une partie de ce lieu, par exemple Roger van AALST, propriétaire de terres seigneuriales à ALOST (AALST).

Pour les van RUMBEKE, c'est la troisième explication qui est justifiée par les documents, cela correspond d'ailleurs à l'opinion du Comte H. de LIMBURG STIRUM, propriétaire du très beau château du village de RUMBEKE.

Il nous semble intéressant de rappeler ce qu'il écrivit à ce sujet dans " Le Parchemin ", revue de " L'Office Généalogique et Héraldique de Belgique "

D'après les anciens armoriaux, l'ancienne famille de RUMBEKE portait de gueules au chef d'or (d'argent) chargé d'un lion léopardé de sable (voir armorial BERGMANS et autres).

Cette famille portait sauf les émaux les mêmes armoiries que les familles de WYNENDAELE, de STAVELE et autres, toutes localités qui dépendaient comme RUMBEKE, directement du Comte de Flandres.

C'étaient donc des familles qui avaient des rapports intimes avec les anciens Comtes de Flandres.

Étaient-ce des descendants bâtards ou autres ? Ou bien des officiers de palais ?

A la fin de la guerre (1914-1918), on a vendu chez un bouquiniste de la rue des Paroissiens à Bruxelles de très beaux manuscrits généalogiques, de Christophe BUTKENS.

Je les ai feuilletés sommairement chez le libraire et je suis tombé sur une généalogie de cette famille de RUMBEKE.

Il semble que ces ouvrages soient partis pour l'Angleterre ; à cette époque, seuls des anglais pouvaient se payer ces coûteux manuscrits".

Le Comte de LIMBURG-STIRUM confirme ainsi ce que nous savions, grâce à certaines pièces d'archives, reproduites plus loin, lorsque nous traitons des plus anciens du nom.

Nous prouvons en effet qu'il existait une famille notable au 12 - 13- 14ème siècle, localisée au village de RUMBEKE et qui en portait le nom. Cette famille y possédait des terres seigneuriales et surtout des alleux ou terres allodiales.

Les pièces d'archives de cette époque, ne sont pas très nombreuses et rien pour l'instant ne nous permet de vérifier l'hypothèse avancée par le Comte H. de LIMBURG-STIRUM sur ce qui concernait les rapports entre cette famille et les Comtes de Flandres "descendants bâtards ou autres ou bien officiers de palais ? Rien non plus ne nous permet d'affirmer de façon formelle qu'ils aient été "Seigneurs de RUMBEKE".

L'histoire du village de RUMBEKE a été écrite par M. Joseph DELBAERE historien local, avec minutie et compétence. Malheureusement, M. DELBAERE spécifie bien qu'il ne remonte pas au-delà des années 1580, période des Gueux et des guerres de religion ; autant dire que l'histoire ancienne du village de RUMBEKE n'est pas écrite.

M. DELBAERE nous apprend que les terres du village de RUMBEKE se répartissaient comme suit

1/3 comprenant la seigneurie de RUMBEKE, relevait de la châtellenie de Courtrai ;

1/3 comprenant la seigneurie "Hof 't Izeghem" relevait de la châtellenie d'Ypres ;

1/6 dont la seigneurie d' "Hazel" relevait de la châtellenie d'Ypres ;

1/6 dont la seigneurie "Roeselaere ambacht" relevait de la châtellenie d'Ypres.

La liste des premiers seigneurs de RUMBEKE a été publiée par le Comte Henri de LIMBURG-STIRUM en 1935 d'après le manuscrit d'un généalogiste du 17ème, le chanoine Jean-Louis de JOIGNY.

En dehors du manuscrit de JOIGNY, nous ne possédons à ce sujet que les données des différents ouvrages classiques qui s'occupent de l'histoire de tout le Comté de Flandres WIELANT - SANDERUS - l'ESPINOY. Ces historiens, comme bien l'on pense, étaient dans l'impossibilité d'étudier en détail et sur preuve l'histoire de chacun des villages de la Flandre. Aussi se recopient-ils textuellement les uns les autres.

Voici ceux, qui d'après eux, furent les "seigneurs de RUMBEKE"

Cette seigneurie appartenait aux Comtes de Flandre, puis elle passa à la maison de WERVICQ.

Roland de NEVELE, seigneur de RUMBEKE et de WERVICQ, par sa femme, héritière de Thomas, seigneur desdits lieux.

Jeanne de NEVELE, dame de WERVICQ et de RUMBEKE, fille de Roland, épouse Louis de LICHTERVELDE.

Marie de LICHTERVELDE, dame de WERVICQ et de RUMBEKE, fille desdits Louis et Jeanne, épouse Roger de GHISTELLES, chevalier, nommé en 1339.

Marguerite de GHISTELLES, dame de WERVICQ et de RUMBEKE, fille de Roger, décédée en 1416, avait épousé Jean d'ANTOING, seigneur de BRIFFEUIL qui vendit l'an 1412 la ville de WERVICQ en Flandre et mourut en 1425, gît aux Cordeliers de TOURNAI" (2).

Dans une étude très fouillée, publiée par le Cercle Royal Historique et Archéologique de COURTRAI en 1968, Paul (XV.14.8) a analysé ces données.

Les conclusions auxquelles ils arrivent sont les suivantes :

Jeanne de NEVELE vécut approximativement de 1320 à 1345, elle était dame de WERVIK par son père Roland de NEVELE, seigneur de WERVIK et par sa mère, dame de RUMBEKE. Elle n'était que petite-nièce de Wauthier de NEVELE, châtelain de COURTRAI en 1299. Elle épouse vers 1340 Louis de LICHTERVELDE, seigneur de LICHTERVELDE, fils de Roger et de Marguerite van WINCKELE.

Au décès de Jeanne de NEVELE (± 1345) les seigneuries de WERVIK et de RUMBEKE sont recueillies par sa fille Marie de LICHTERVELDE, tandis que Marguerite, l'aînée des filles recueille la seigneurie de LICHTERVELDE et transmet celle-ci dans la famille van HALEWYN par son mariage avec Hugues van HALEWYN, seigneur de MOLINEL.

De tout quoi, il résulte qu'aucun des premiers "seigneurs de RUMBEKE" cités et repris par les différents historiens ne remonte au-delà des années 1280.

Or, il est de toute évidence qu'il y eut des "seigneurs de RUMBEKE" bien avant cette date; comme c'est le cas pour toutes les seigneuries importantes du Comté de Flandre, donc bien avant les NEVELE.

Alors, la question posée reste entière : qui furent les premiers "seigneurs de RUMBEKE" ?

Les armes portées par les NEVELE sont d'argent à la croix de gueules. Dans le plus ancien armorial de Flandre, dressé par Corneille GAILLARD en 1550 "L'ancienne noblesse de la Comté de Flandre", celui-ci donne comme armes aux "seigneurs de RUMBEKE" de gueules au chef d'argent au lion léopard de sable ; qui sont les armes anciennes portées par la famille.

Si rien ne nous permet d'affirmer que les plus anciens "RUMBEKE" que nous citerons plus loin, furent les "Premiers seigneurs de RUMBEKE", il est par contre certain que depuis 1100, il existe une famille de RUMBEKE, établie en Flandre, dans la région et que cette famille possédait encore seigneurie et alleux au village de RUMBEKE au cours des années 1280 à 1328.

En ce qui concerne le château, nous connaissons tous la lithographie de J.B. DE JONGHE, datant de 1823 et représentant le très beau "château de RUYMBEKE" près de ROULERS.

Ce château date de 1535 environ. Il a été construit par Thomas de Thiennes et resta dans cette famille jusqu'en 1856, date du mariage de la Comtesse Astérie-Marie de THIENNES-LEYENBURG et de RUMBEKE, avec le Comte Thierry de LIMBURG-STIRUM, dont descendent les LIMBURG-STIRUM, propriétaires actuels du château de RUMBEKE.

Notre famille, originaire de RUMBEKE, n'a donc rien à voir avec ce très beau château du XVIème. Ceci enlèvera peut-être de douces illusions à certains...

II-GRAPHIE

L'orthographe des noms de famille n'a été stabilisée en Belgique qu'au début du 19ème siècle, lorsque, par décision de Bonaparte, fut créé à la mairie "l'État Civil", en remplacement des registres paroissiaux de baptêmes - mariages - décès, tenus dans chaque paroisse par le curé, parfois par le sacristain.

Dans les registres paroissiaux, les variations de l'orthographe du nom de famille pour une même personne ne se comptent plus. Il n'est pas rare de rencontrer dans un même acte le même nom de famille orthographié de différentes façons.

A titre d'information, voici quelques unes des différentes graphies rencontrées pour notre nom de famille

- de RUMBECA (A° 1125) ;

- de ou van RUMBEKE (A° 1263) ; RUUMBEKE (A° 1253) ; RÛUMBEKE ; RUEMBEKE (A° 1294) ; RIEBEKE ; RUMBEQUE ; ROMBEKE ; RUYMBEKE.

Rappelons qu'à Courtrai et dans la châtellenie, pour tout décès dans lequel intervenait comme héritier un mineur, les intérêts du mineur étaient pris en charge par la "Chambre Pupillaire". Et le partage de la succession ne pouvait se faire que devant cette "Chambre". Rôle dévolu par le Code Civil aux Juges de Paix.

A chaque fois, un acte était dressé et inscrit dans le registre à la date et au village où la tutelle s'était ouverte.

Or, jusqu'aux années 1500, tous les noms des mineurs, des parents, des tuteurs, des cautions ont été relevés et des tables alphabétiques, par année et par village, ont été dressées et imprimées.

De sorte qu'il est permis de dire, au vu de ces deux grands travaux, qu'il serait surprenant qu'une famille existant à Courtrai ou dans la châtellenie, avant 1500, ne soit pas reprise, et dans les ouvrages de Mr De Brabandere, et dans les Tables de la Chambre pupillaire.

Pour les généalogistes, c'est une aide précieuse. En ce qui nous concerne tous les van Rumbeke cités dans ces deux sources apparaissent au Liber ou dans les présentes annexes.

Aucunes des variantes du nom : van ou de Rambeke, Rembeke, Rimbeke, Rombeke, Riebeke, ni Bambeke, Bembeke, Bimbeke, Bombeke, Bumbeke, ni Hambeke, Hembeke, Himbeke, Hombeke, Humbeke n'apparaît dans ces sources.

C'est dans le registre des baptêmes de l'église Saint¬Martin à COURTRAI en 1671 qu'apparaît pour la première fois la graphie RUYMBEKE

Fo. 8 Vo.-13-9bris-1671. Anna van RUMBEKE proies

Adriani van RUYMBEKE et Margarethae van de WYNGAERDE

Susc........””.

Ici aussi deux orthographes différentes sur la même ligne. C'est seulement à partir des années 1700 que notre nom de famille s'écrira le plus souvent van RUYMBEKE.

Signalons qu'à partir de 1700 jusque vers les années 1830, le nom du village s'orthographie très souvent RUYMBEKE. Dans la ligne directe, c'est François ( x 3 ...) qui est le premier à signer van RUYMBEKE, bien que baptisé RUMBEKE.

III-LIEUX D'IMPLANTATION DE LA FAMILLE

Sauf certaines exceptions concernant notamment des van RUMBEKE, qui par suite d'alliances se fixèrent dans le Nord de la France au 17ème et au 18ème siècle (CAMBRAI - VALENCIENNES DUNKERQUE), l'on peut dire que notre famille est solidement implantée dans l'ancien Comté de Flandre et plus particulièrement entre BRUGES - YPRES - COURTRAI - AUDENAERDE et GAND.

Nous avons vu plus haut que le berceau de la famille est indiscutablement RUMBEKE, le village dont nous portons le nom.

Les van RUMBEKE sont localisés de façon importante à BRUGES pendant plus de 150 ans jusqu'à la fin du 14ème siècle. Ils font partie du magistrat et y sont alliés aux familles les plus notables. Lors du déclin de BRUGES, ils s'éparpillent : une branche s'établit dans la châtellenie de COURTRAI de 1365 à 1500, notamment à GULLEGEM, où il existait une seigneurie appelée "RUMBEKE'S MOTE". "Mote" étant un mot West-Flamand désignant la "motte féodale" et se rapportant en général à une ferme importante entourée d'eau (4).

Une autre branche se retrouve à PITHEM de 1475 à 1625. Ils y sont nombreux et y exercent les fonctions d'échevins pendant près de 150 ans. Ce sont des cultivateurs propriétaires de différents fiefs dont celui de "ter Coutere" que la famille possède pendant 120 ans.

Vers 1500, nous trouvons de nombreux van RUMBEKE établis à BAVICHOVE et HARELBEKE, deux villages voisins. Ils y sont échevins et propriétaires de fiefs pendant 200 ans.

Par suite d'alliances, certains van RUMBEKE essaiment au village de OTEGHEM où ils sont nombreux entre 1475 et 1580.

A COUTRAI-Ville, ils arrivent vers 1580 et à MENIN, à partir de 1690 environ.

 

IV-ANNOBLISSEMENT ET ARMOIRIES

D'après les documents produits, il semble probable que les plus anciens du nom faisaient partie de l'ancienne noblesse féodale, ainsi que vous le verrez plus loin.

Nous trouvons dans nos papiers de famille plusieurs notes manuscrites peu précises du début du 19ème, disant qu'une reconnaissance de noblesse avait été accordée par l'Empereur JOSEPH II à Paul Athanase van RUYMBEKE, Grand-Bailli et "Président de la Cour féodale Princière de Sa Majesté pour la Ville et Verge de MENIN". Cette charge était importante et il n'y aurait là rien d'étonnant, mais nous n'en avons pas trouvé trace.

Il faut se souvenir que son hôtel à MENIN a été complètement détruit par les bombardements suivis d'incendie qui ravagèrent la ville les 27-28 et 29 avril 1794.

A notre avis, sans avoir fait partie de la noblesse officielle les van RUMBEKE se classent. en Flandre, parmi les vieilles familles dites "patriciennes", dont certaines par suite des charges et fonctions exercées des alliances contractées et des seigneuries possédées, firent usage régulier de sceaux armoriés et côtoyèrent la noblesse. Signalons qu'Antoine (V.346) et son fils Jean sont qualifiés de nobles.

Les armoiries des familles patriciennes n'étant pas enregistrées officiellement ont plus encore varié que les autres au cours des siècles.

Vous trouverez la reproduction du blason primitif porté par la famille ainsi que trois variantes. Ces armes se lisent comme suit

13 - 14 - 15ème siècle de gueules au chef d'argent (d'or) au lion léopard de sable.

15 - 16 - 17 - 18ème siècle : de gueules bandé d'or au chef d'argent au lion léopard de sable.

18 - 19 - 20ème siècle de gueules losangé d'or au chef du même au lion de sable, armé et lampassé de gueules, à dextre.

Pour les descendants de Paul Auguste van RUYMBEKE (1762-1810)        coupé d'argent à trois croisettes de sable posées deux et un, et de gueules à une tête de lion d'argent.

Vous avez le droit de porter ces armes, mais sans couronne, ni insigne de noblesse. Seul le dernier est réservé à ceux descendants directement de Paul Auguste van RUYMBEKE.

Signalons à, titre d'information que certains armoriaux - DE RAADT - BOSMANS - RIETSTAP, etc...- relèvent également d'autres armes portées par certains van RUYMBEKE.

I-ORIGINE DU NOM ET DE LA FAMILLE