Nous n'ignorons pas qu'il est impossible d'établir, dans notre pays, une généalogie sérieuse pour les 12 ème et 13 ème siècles, parce qu'à cette époque, les noms patronymiques n'étaient pas absolument fixés et que les documents sont relativement rares.

Bien que pour les premiers RUMBEKE, relevés à cette époque, l'on ne puisse parler de filiation, ni dans certains cas d'appartenance indiscutable à notre famille, nous estimons néanmoins que le relevé des plus anciens du nom trouve ici sa place et présente un certain intérêt.

Nous savons en effet qu'une famille de RUMBEKE est établie à BRUGES et qu'elle possède des terres seigneuriales au village de RUMBEKE.

Nous donnons ci-dessous le relevé par ordre chronologique des plus anciens du nom que nous avons pu trouver, ainsi que les sources qui les attestent.

1130 . Radulphus (Raoul) de RUMBEKE

Il est témoin, avec d'autres, d'un acte de Clémence Comtesse de Flandre, veuve de Robert II de Jérusalem, et duchesse de LOTHARINGIE. La comtesse Clémence, qui portait intérêt à la prévôté de St-Amand à COURTRAI, rappelle dans cet acte, les différentes donations de terres accordées à la prévôté.

« Ut igitur nostra donationis pia concessio firma perpetuo maneat, sigili nostri impressione presens scriptum signari jussimus, testium etiam nomina, qui donationis inter fuerunt, subter anotari jusmus.

S. Rogeri, castallani. S. Balduini de Odengem : S. Radulphi de Rumbeke ; S. Roberti Veinoti ; S. Herminii Clave ; S. Thome ; S. Gerardi de Forest ; S. Hugonis, fraris ejus ; S. Theobaldi de Vatinis ; S. Ursderi de Louva ».

1145 . Radulphus (Raoul) de RUMBEKE

Est témoin du Comte Thierry d'ALSACE et de la Comtesse Sybille, qui scellent un acte de donation d'un bois appelé : « Hulst », situé à l'Ouest de l'église de l'abbaye de Zonnebeke et du fossé qui l'entoure. Acte passé à COURTRAI en 1145.

1164 . Eve de RUMBEKE

Apparaît comme témoin dans un chirographe de Béatrice de WARNETON, cinquième abbesse de MESSINES. Elle semble donc être chanoinesse de l'abbaye.

Cet acte reconnaît que quelques uns des bergers qui occupèrent les terres de LAMPERNISSE, les ont vendues loyalement.

Toutes ces terres, elle les donne, du consentement de son chapitre, à Gérard, abbé de CAMBRON et à sa maison, à leur usage perpétuel, sauf à en payer la rente à la dite église de MESSINES.

1185 . Eve de RUMBEKE

Figure en qualité de trésorière de l'abbaye de MESSINES, dans une lettre de 1185, par laquelle l'abbesse Agnès et le chapitre de l'église, sur le conseil du prévôt de LILLE, chanoine, accordent à un certain nombre de serfs de la terre de Neuve-Eglise la possession héréditaire de la terre appelée FONLAND, d'une superficie de 30 bonniers ( ± 50 ha ), sous condition qu'ils paient de chaque bonnier une redevance annuelle d'une razière de froment, de deux razières d'avoine et de 4 chapons, outre les charges auxquelles ils auraient été soumis jusqu'ici, comme les autres serfs.

L'abbaye de Messines était importante. Elle fut fondée par le Comte de Flandre, Baudouin, dit le Débonnaire, ou de Lille et son épouse, Adèle, fille de Robert, roi de France, pour 30 chanoinesses, filles nobles, ayant au moins 8 quartiers.

La Comtesse Adèle y prit le voile, après la mort de son époux en 1067. Nous y voyons quatre abbesses, de sang royal, les autres abbesses appartenant aux familles les plus illustres de Flandre et d'Artois.

Cela prouve qu'Eve de RUMBEKE appartenait à une famille considérée à cette époque comme faisant partie de la noblesse féodale.

1267 . Chrétien de RUMBEKE

Est le deuxième abbé de l'abbaye de VOORMEZELE, près d'YPRES.

Voici ce qu'en dit Dom Norbert HUYGHEBAERT, O.S.B., dans le Monasticon Belge, lorsqu'il analyse les archives de l'abbaye de VOORMEZELE :

« Christian (Chrétien) de RUMBEKE qui lui succède, a laissé une impression d'amabilité et d'hospitalité. Il était auparavant chanoine de VOORMEZELE.

En novembre 1267, il vidime une charte de Marguerite de CREQUY, abbesse de Messines. Dix ans plus tard, le 8 mars 1277, il rend une sentence arbitrale entre la prévôté de Saint-Martin à Ypres et Maître Jean de FIEFFES, archidiacre de THEROUANNES.

Il souscrit une carte de janvier 1280 et, le 27 octobre 1281, vidime avec d'autres prélats une série de chartes de l'abbaye de l'EECKHOUT.

Christian fit rebâtir de l'hostellerie et le moulin qui avaient été détruits par les troupes du roi de France.

Il mourut le 22 ou le 23 février 1283 ».

Chrétien de RUMBEKE est-il à identifier avec un chrétien, clerc des Templiers, qui est mentionné à YPRES dès 1222 .

Ce n'est pas impossible, mais ferait supposer que Chrétien mourut fort âgé. En effet, dès 1222, il témoigne en qualité de « clericus templarius… » et « magister Christianum clericum templeriorum… ». Les sceaux de ces pièces d'archives ont malheureusement disparu.

L'Ordre du Temple possédait dès 1131 une fondation importante à YPRES, comprenant la chapelle des Templiers de JERUSALEM (… Militum templi Ierosalimitani…) et plus tard, un hôpital.

1237 . Roger de RUMBEKE

Est cité parmi les bienfaiteurs qui ont contribué à la fondation vers les années 1210-1237 de la Chapelle de Sainte-Catherine, près de KUURNE, devenu le village de ST-KATHERINE-KAPEL sous le patronat de Saint-Martin à TOURNAI.

Voici ce que dit l'auteur d'une étude publiée à ce sujet :

« Disons un mot en finissant ce chapitre, de la liste des bienfaiteurs et fondateurs de la chapelle Sainte Catherine. Nous y trouvons peu de noms totalement inconnus, mais tous les personnages illustres de cette époque, dans la châtellenie de COURTRAI y ont le leur, marqué dans cette brillante énumération. Plusieurs d'entre eux s'étaient illustrés aux Croisades ou étaient les fils de chevaliers qui avaient passé les mers avec Baudouin de CONSTANTINOPLE, pour combattre les infidèles.

Plusieurs aussi avaient combattu à BOUVINES où s'étaient distingués dans les conseils de la jeune Comtesse JEANNE, aussi intéressante par ses infortunes que par son courage et ses vertus.

Personne ne contestera la valeur de cette liste, pour l'histoire des grandes familles du Moyen Age, qui presque toutes ont disparu dans les siècles suivants ».

1263 Baudouin de RUMBEKE

Le Cartulaire de l'abbaye de MARQUETTE, près de LILLE nous dit qu'en 1263, Baudouin de RUMBEKE et Elisabeth, son épouse (désignée indifféremment dans les actes suivants, comme Elisabeth, Lysbette ou Isabelle), ainsi que Pétronille, sa sœur dame du Seigneur de MENIN vendent leur seigneurie « Te Marhem » à Béatrice, Comtesse de Flandre, Dame de COURTRAI, veuve de Guillaume de DAMPIERRE, Comte de Flandre.

Le Seigneur de MENIN dont il s'agit est Jean Ier , seigneur de MENIN.

La seigneurie « Te Marhem » est sise en la paroisse de DOTTIGNIES et comprend 24 bonniers (le bonnier de LILLE était de 1 ha 41 a 77 ce qui fait 34 ha ). Elle fut vendue au prix de 20 livres de Flandre par bonnier, avec tous droits et seigneuries.

La Comtesse de Flandre en fit don à l'abbaye de N.D. de MARQUETTE en décembre 1264, après avoir grevé cette terre d'une rente de 5 chapons. Elle chargera en retour cette abbaye d'entretenir un chapelain qui réciterait journellement la messe des défunts pour le repos de l'âme de son époux, et pour le sien, après sa mort.

Cette donation fut confirmée d'après les lois et coutumes de l'époque par Marguerite, Comtesse de Flandre et de Hainaut en 1264 et par le chapitre de l'église collégiale de St-Pierre de LILLE en 1350.

Cette vente donne lieu à une série d'actes que nous indiquerons, parce que le nom de Baudouin de RUMBEKE y est repris.

20/11/1263 : L'official de Tournai mande au doyen de N.D. de COURTRAI de recevoir l'acte de vente par Baudouin de RUMBEKE.

25/11/1263 : Le doyen de N.D. de COURTRAI relate à l'official de TOURNAI qu'il a reçu l'acte de vente à Béatrice. Il note que Baudouin de RUMBEKE a reconnu devant lui et devant les échevins de COURTRAI avoir reçu le prix intégral de sa terre.

28/11/1263 : L'official de TOURNAI notifie la vente faite par Baudouin de RUMBEKE, Elisabeth sa femme et Pétronille, dame de MENIN à Béatrice, femme de feu le Comte de Flandre, de 24 bonniers de terre qu'ils tenaient d'elle en fief à DOTTIGNIES, moyennant 20 livres de Flandre.

29/12/1264 : Béatrice donne à l'abbaye de MARQUETTE pour la fondation de deux chapellenies, 24 bonniers de terre sis à DOTTIGNIES avec une rente de 5 chapons qu'elle a achetés à Baudouin de RUMBEKE.

12/1264 : L'abbesse Ode de MAIGNY et tout le couvent de MARQUETTE déclarent que la Comtesse Béatrice leur a donné 24 bonniers de terre et un cens de 5 chapons pour la fondation de deux chapellenies.

1/1265 : Marguerite, Comtesse de Flandre et de Hainaut et Gui, Comte de Flandre, son fils, ratifient par un « vidimus confirmatif » la donation faite en décembre 1264 par Béatrice à l'abbaye de MARQUETTE de …. par elle acquis de Baudouin de RUMBEKE et d'Isabelle, sa femme, pour la fondation de deux chapellenies.

1264 . Baudouin de RUMBEKE

Vend un autre terre située à MOORSELE et GULLEGEM et dépendant de sa seigneurie de « RUMBEKE'S MOTE ».

Nous étudions cet acte au chapitre III.

1304 Jehan de RUMBEKE

Est attesté par les comptes du bailli de la ville d'YPRES durant les années 1304-6-7 et 8.

13.. Willem van RUMBEKE

Habite rue de Dixmude, à YPRES.

13.. Simon de RUMBEKE

  Paie un dîme pour des terres situées à AVELGEM et qui appartiennent à l'abbaye St-Pierre de GAND.

Chapitre 1

Les plus anciens du nom